Le Crime (nouvelle 2/2)

Publié le par Evariste Galois

Après un léger sursaut Evariste se lève calmement et se dirige vers le guichet des retraits de fonds:

«     - Bonjour Monsieur Galois.

 -  Bonjour Mary, vous voyez l’homme avec qui je viens de discuter, vêtu comme moi qui pianote sur son ordinateur.

-  Il prétend avoir rendez vous avec le directeur. Il doit être important.

-  Il dit avoir placé ici une bombe. Si je ne fais ce qu’il demande, il fera tout sauter. Je n’ai peut être plus de femme mais il me reste mes enfants… je veux les revoir ce soir.

- J’alerte le 911.

- Bonne idée¤ il fera tout sauter.

- j’en réfère à mon supérieur. »

Joignant le geste à sa parole, l’hôtesse raconte tout au banquier surgissant de derrière tel un diable sortant de sa boite.

« - bon je vais voir les vidéos au premier et si c’est un cas suspect je préviens le Chairman.» Achève le banquier.

Après une petite minute, le banquier réapparaît. Evariste suinte, tremble, se sent très mal.

 « - on avait peur que tu nous dises n’importe quoi sous le coup de ton licenciement. Mais çà a l’air vrai, le mec t’a bien parlé. Que veut il ?

-         De l’argent sonnante et trébuchante…

-         Ecoute je préviens les flics. Je ne peux pas laisser un sac bourré de dollars se balader à New York. Et je ne veux pas non plus voir le nom de l’établissement dans le financial times demain matin. Une fusion est sur le point de se finaliser là haut, alors pas de vague, je t’en prie.

-         Fait vite, il me donne dix minutes pour sortir et remettre le butin à un complice. Pas d’héroïsme mal placé… il a l’air d’avoir repéré les lieux et les employés.

-         Comment est il ce complice ?

-         Si le complice ne revient pas chercher notre homme : explosion. Je bosse ici depuis plusieurs années et je n’ai jamais fait d’entorse au règlement. Aie confiance.

-         Non tu bossais ici, maintenant tu es un client comme les autres. Mais je te confie l’argent, après tout tu m’as formé, je te dois bien çà. Pour ne paniquer personne je te passe le sac par la porte ouest. Signes moi juste cette décharge pour l’assurance.

-         Tiens. Dans 5 minutes j’y serais. »

 

Evariste avance titubant vers la grande porte et nerveusement baisse la tête arrivé au niveau d’un vigil. Dehors. Il respire énergiquement, fait le tour du bâtiment en s’arrêtant fréquemment, épuisé. Il arrive enfin à la petite porte de service où le banquier l’attendait en fumant. L’échange se fait vite, si vite qu’Evariste ne s’est pas arrêté. L’homme disparaît au bout de la venelle, noyé dans la foule. Le coté précieux et branché de ce quadragénaire passe inaperçu dans ce quartier fourmillant de banquiers. Une voiture jaune se met à sa hauteur, fébrilement Evariste monte et indique au chauffeur la direction l’aéroport John Fitzgerald Kennedy.

 

Après avoir acheté plusieurs billets pour différentes destinations, il se fait enregistrer sur tous les vols puis donne les cartes d’enregistrement avec 100 $ aux chemineaux rencontrés autours des terminaux. Une fois les pistes brouillées, il fini de tuer Evariste en s’envoyant sous le nom d’Alan Turing l’argent, par plusieurs colis postaux dans un hôtel Parisien dont il a préalablement réservé une petite chambre. Sereinement, Evariste va prendre place dans l’A380 en partance pour la France. Son rêve, vivre sur la cote Vermeille, va enfin s’exhausser. Puisque vivre c’est être coupable, la mort d’un innocent pour réussir ne retirera rien à son plaisir.

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Publié dans evariste.galois

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