Notre douleur linguale

Publié le par Evariste Galois

Je ne suis pas de ceux qui aiment à frapper sur les plus faibles, ou sur les fonctionnaires. J’estime que c’est souvent infondé, et que çà cache une jalousie mal placée !

On prétend souvent que les agents de la SNCF sont pour la plus part des alcoolos, fainéants, idiots, et proche de l’illettrisme. J’ai toujours tenu le rôle d’avocat du diable lors de discutions sur cette catégorie socio-professionnelle. Mais aujourd’hui, avec ce qu’il m’a été permis d’entendre, mes détracteurs auraient eu aisément de quoi faire des gorges chaudes.

La scène est simple.

Je prenais mon train pour rentrer tôt chez moi. Le train à cette heure-ci de la journée était bondé. Je cherchai une place assise. Rien. Sauf un siège occupé par un sac. Je m’avançai, demandai à pouvoir m’asseoir, nonchalamment le propriétaire retira ses pieds du siège devant lui, ainsi que son sac du siège à ses cotés. Pour reprendre le langage des agents SNCF : « cet homme cumule les actes flagrant d’incivilité ! ».

Chemin faisant, il parla à son compagnon d’en face. Je compris qu’il s’agissait d’un conducteur de train. Par amour de son métier peut être il expliqua tous les panneaux de signalisations jouxtant la voie ferrée. Son interlocuteur, devait certainement être un nouveau.

Affligé par leurs bruits, je n’avais d’autre choix que de m’écarter d’eux ou de devoir subir leurs conversations. Je pris la dernière par flemmardise. Je n’eu pas tort !

Notre héros, se mit à parler de la période d’essai de son compagnon de voyage, et tout en pérorant lâcha un terrible (et pathétique) : « T’as une période d’essai imputrescible de combien de temps ? ».
C’est dur à avaler. Et toujours, j’ai la même réaction de douleur pour notre belle langue.

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