Emotion pour lémotion de la fille du train
Etant un habitué des transports en commun, comme la majorité des parisiens (au sens large), j’ai coutume de lire et d’observer les gens autour de moi pendant mes déplacements.
Généralement mes compagnons d’infortunes dans les trains de grandes banlieues passent leurs temps de voyage à bouquiner, finir (ou finaliser) un document de travail, jouer aux cartes, ou échanger entre habitués les ragots de leurs sociétés et les derniers potins du tout Paris !
Aujourd’hui, comme tous les jours donc, je me calle dans mon petit siège de train, je me mets à l’aise pour me plonger avec délectation dans l’ouvrage qui m’accompagne. Le tintement de la cloche me surprend, auquel s’ajoute une secousse annonciatrice du démarrage de la rame.
Le train prenant sa vitesse de croisière rapidement, je me replonge avec la même vitesse dans ma lecture. Un quart d’heure après mon départ, je me mets à observer les gens. Je reconnais les habitués. Mon regard est immédiatement attiré par une fille du wagon, lisant son livre avec passion. Une telle passion qu’elle vibrait à chaque ligne ou phrase. Elle vibrait tant qu’elle se mît à pleurer lors d’un grand passage sentimental.
De la voir, çà m’a fait plaisir et redonner du baume au cœur. Non parce qu’elle eut pleurât, mais bien parce qu’elle fût transportée par son roman. Je lui dédis ce billet. Même si mon esprit cartésien me pousse à calculer la probabilité que cette fille le trouve, probabilité qui est très proche de 0 !
Quoi de plus beau qu’un geste romantique vain ?