réflexions sur les moyens d'embauche moderne : CV et réalité

Publié le par Evariste Galois

Dernièrement confronté à un « recruteur » professionnel, j’ai appris énormément de choses sur l’art et la manière de rédiger et être super efficace sur un CV.

Malgré tout, après avoir écouté le dit-spécialiste (pousserai-je jusqu'à div-spécialiste ?), je me pose quelques questions sur la santé mentale de ces personnes et la société qu’ils engendrent. En effet, ils n’aiment pas trop que l’on mette nos échecs, ou des activités jugées par beaucoup superflues sur cette maudite feuille nous résumant. Alors que le propre du progrès de l’homme réside dans sa reconnaissance de ses erreurs et sur l’enseignement qu’il peut en tirer. Il m’a fait la remarque à propos de quelques années de médecine au temps jadis. Tentant, vainement, de lui expliquer que malgré un échec cuisant au concours (pour les connaisseurs : encore un coup de Numerus clausus), j’ai appris énormément, et que ce savoir peut être utilisé dans divers situations, je me suis heurté à un mur d’incompréhension. Une image parfaite serait : Ayrton Senna à Imola le 1er mai 1994.

Qu’apprend-on dans les premières années ? Par exemple, l’art de comprendre l’humain, l’autonomie, la responsabilité, la débrouille, le travail en groupe, l’activation de réseaux d’amis pour avoir un cours manqué ou annulé à cause du chahut et puis aussi plus académique : la psychologie, la sociologie, l’économie générale, la chimie plus fine. A première vue tout çà ne sert pas à grand-chose dans les entreprises. Mais c’est faux : sans psychologie efficace il est dur de cerner les gens, un temps soit peu, de savoir imposer ses idées sans heurt ni cri. Sans réseaux d’amis on ne peut pas avoir d’entraide en cas de problème…

A l’inverse, la façon de procéder en enjolivant la réalité, en oubliant nos actes ratés, c’est créer des hommes se pensant forcément meilleurs, oubliant leurs échecs, leurs limites.

Depuis cet entretien je comprends un peu mieux les réactions de ces quelques cadres sup’, qui se sentent meilleurs que les autres, se permettant les plus horribles gestes, et ne supportant pas (en ridiculisant) que certains ne connaissent pas telles ou telles notions.

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Publié dans société et paradoxes

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