Dostoïevski
Parmi la liste d’écrivains que j’aime lire et relire se trouve cet homme. Le premier livre que j’ai ouvert, de lui était : le joueur. Je me souviens l’avoir acheté en espérant y lire un fantasme d’écrivain de plus sur l’existence d’une martingale dans les jeux de casino, et par là même rigoler de l'absence de connaissance mathématique. Que nenni !
Après quelques pages j’ai du me rendre à l’évidence : Faux et archi faux ! On y découvre une petite part autobiographique et une analyse très fine de la psychologie des joueurs. Il y décrit à merveille l’engrenage par lequel on prend plaisir à jouer de l’argent. On y va en rigolant, puis on se prend au jeu, puis on met au point une méthode, et là il est trop tard !
Après ce livre, n’ayant pas le temps de lire beaucoup à cette époque (ce qui n’a guère changé depuis !) j’avais entrepris la lecture d’une de ses nouvelles : les nuits blanches. Alors là, autant dire tout de suite j’ai été soufflé, stupéfié par cette histoire d’amour. Il y a mis tant de psychologie et de magie, que le moindre geste des héros a un érotisme fou ! (un peu comme dans le film lost in translation).
Son œuvre est riche, subtile, et un témoignage de la dure vie des pétersbourgeois et plus généralement des russes de l’époque. Des pauvres gens aux frères Karamazov, tous ces opus sont des exemples de réflexions sur la psychologie humaine, l'âme humaine, le crime, les normes de la société, et pour une certaines parties de son œuvre on peut rencontrer des réflexions poignantes et très intéressantes sur la peine de mort… Dostoïevski a été condamné à mort et ne s’est vu gracié qu’une fois attaché au poteau face à un peloton d’exécution. Enfin gracié… ce n’est pas comparable avec ce que l’on vit de nos jours. On lui a juste changé sa peine par une autre, au lieu d’avoir été passé par les armes, il est passé par la sibérie.
Même si c’est parfois difficile à lire, contenu des noms et surnoms russes, il y a tellement de talent dans ses pages qu’on ne peut pas lire un de ses livres sans être bouleversé à jamais et ne pas vouloir lire toute l'oeuvre.